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Loading... Chine : émeutes en direct sur Internet
Rue89
Pierre Haski/Rue89 - Il y a quelques années, un incident comme celui qui vient de se produire samedi dans le district de Weng’an, dans la province du Guizhou, serait resté localisé et aurait pu être étouffé. Aujourd’hui, il se répand par la toile, malgré les efforts des censeurs. Et il aura sûrement l’effet souhaité : une intervention du pouvoir central pour remettre de l’ordre dans une lointaine province où les dirigeants locaux usent et abusent de leur autorité. Tout a commencé avec la découverte du corps d’une jeune fille (photo ci-dessus) dans une rivière. La police conclue immédiatement à un suicide et refuse de pratiquer une autopsie, alors que, selon la famille de la victime, soutenue par la population, la jeune fille aurait été violée et assassinée par le fils d’un dignitaire local. La population s’est réunie devant le siège du gouvernement local et la manifestation a tourné à l’émeute, avec plusieurs véhicules de police incendiés et des dégâts considérables causés au bâtiment administratif (voir la vidéo ci-dessus). Les images de ces incidents figurent sur plusieurs sites chinois, celles-ci provenant de MySpace, passé de plateforme anodine d’ados à véhicule d’infos brûlantes ! Selon l’agence Reuters, de nombreux messages sur cette affaire postés sur le web ont été retirés par la cyberpolice, mais l’information fait néanmoins le tour du pays. Un internaute a même écrit : "J’espère qu’Internet permettra de convaincre rapidement le gouvernement d’agir pour découvrir la vérité et de rendre justice à cette famille." Traditionnellement, depuis l’époque impériale, les simples citoyens qui s’estiment victimes d’injustices se tournent vers le pouvoir central -impérial hier, celui du parti communiste aujourd’hui- pour lui dire : "Regarde ce que tes représentants font en ton nom dans cette province lointaine"… Dans l’espoir d’obtenir réparation. Hier, il leur fallait "monter" à la capitale, dans l’espoir, généralement vain, de déposer une pétition, comme le font des millions de personnes chaque année. Le web sert aujourd’hui de caisse de résonance à ces revendications. Le pouvoir central a su utiliser Internet comme baromètre de l’opinion, et s’est montré assez habile jusqu’ici pour désamorcer des affaires dont la "cyber opinion publique" s’était emparée, à l’image des enfants esclaves du Shanxi l’an dernier. Signe de cet intérêt, le président chinois a fait un simulacre de tchat récemment sur le site du Quotidien du peuple, l’organe du PCC, une expérience sous contrôle, évidemment, mais qui légitime l’idée d’interpeler le pouvoir sur le web, une ouverture pas toujours facile à contrôler. Voir en ligne: Une vidéo des évènements sur You Tube
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