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Rumeurs de démission de Louise Arbour
InfoSud
Louise Arbour (archive). Photo Humberto Salgado
27 février 08 - Le poste de Haut Commissaire aux droits de l’homme est de plus en plus exposé aux pressions des Etats. Louise Arbour, qui l’occupe depuis 2004, songerait à quitter ses fonction en juin

Carole Vann/InfoSud - La haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Louise Arbour, ne renouvellerait pas son mandat en juin prochain. La nouvelle qui court officieusement dans les milieux diplomatiques et onusiens n’est pas confirmée par le Haut Commissariat (HCDH). Mais sous couvert d’anonymat, un de ses responsables précise que ces bruits circulent depuis une année l’intérieur du bâtiment.

Louise Arbour vien d’être vertement critiquée par l’aile conservatrice des médias canadiens pour avoir salué l’avénement d’une chartre arabe sur les droits de l’homme. Ces derniers, comme certaines ONG, ont fortement réagi au préambule qui condamne le sionisme au même titre que le racisme. Ils ont reproché à Louise Arbour de donner une crédibilité à une charte qui « appelle à la destruction d’Israël ». Alors que l’ONU est censée éviter tout amalgame à ce sujet.

Plusieurs diplomates interrogés par TDH avouent qu’ils ne seraient nullement surpris d’une telle décision. « C’est l’un des postes les plus impossibles qui existe, déclare l’un d’eux. Il est encore plus politique que celui du Secrétaire général de l’ONU. Beaucoup de pays considèrent que, tant qu’ils ne menacent ni la paix, ni la sécurité régionale, il n’y a pas à se mêler de leurs affaires intérieures. Voyez ce qui s’est passé avec Mary Robinson. Elle s’est mis à dos les Russes pour avoir dénoncé les horreurs en Tchéchénie et les Américains pour avoir condamné leurs méthodes à Guantanamo ! »

Ancienne procureur général pour le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda, Louise Arbour était juge à la Cour suprême du Canada quand elle a pris ses fonctions en juillet 2004 à la tête du HCDH. Elle succédait à Sergio Viera de Mello, tué en août 2003 dans un attentat contre le siège de l’ONU à Bagdad. Femme de terrain, elle se montrait peu encline à accepter son nouveau poste sur les bords du Léman, mais elle aurait cédé aux pressions de son pays, le Canada, et de Kofi Annan, alors Secrétaire général des Nations Unies.

Ce poste déjà difficile semble être devenu impossible depuis la création du Conseil des droits de l’homme en juin 2006. « Il y a une volonté de la part de certaines délégations de mettre le Haut Commissariat sous tutelle et de limiter au maximum son degré d’autonomie », explique Eric Sottas, responsable de l’organisation Mondiale contre la Torture (OMCT).

Adrien-Claude Zoller, président de Genève pour les droits de l’homme, déplore les attaques de plus en plus violentes de gouvernements qui veulent « s’occuper de la cuisine interne du Haut Commissariat. » Il s’inquiète aussi de la « façon dont certains groupes d’Etats préparent la prochaine conférence internationale contre le racisme ». Prévue pour 2009 à Durban, cette rencontre promet son cortège de controverses sur l’islamophobie et le sionisme.

Les parlementaires conservateurs canadiens ont d’ailleurs demandé que Louise Arbour renonce à la présidence de cette conférence. Une défiance déjà signifiés par le gouvernement canadien qui a annoncé son retrait de Durban 2009.

Voir aussi notre article "Louise Arbour tient tête à l’Algérie"

 
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