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Loading... L’ONU pointe les crimes d’un président-massacreur en Guinée
David Servenay/Rue89 - Un constat accablant qui devrait logiquement conduire l’officier guinéen devant la Cour pénale internationale. Les chiffres : des centaines de victimes D’abord les chiffres, que les trois enquêteurs des Nations unies (un Algérien, un Burundais et une Mauricienne) ont pu établir en interrogeant 700 témoins : * 156 personnes tuées ou disparues (le chiffre officiel est de 57 morts, entre 150 et 200 selon HRW) La commission de l’ONU souligne aussi que ces chiffres sont très certainement sous-évalués, avec « des centaines d’autres cas de torture, de traitements cruels et dégradants ». France 24 a interrogé sur ce point le directeur de l’antenne parisienne de Human Right Watch, Jean-Marie Fardeau (voir la vidéo) Massacre du stade de Conakry : HRW accable Camara et Toumba envoyé par france24. - L’actualité du moment en vidéo. Puis ils décrivent un scénario implacable. Alors que l’opposition a décidé d’organiser un meeting de protestation contre le régime du capitaine Camara, les bérets rouges de la garde présidentielle encerclent le stade du 28 septembre où se sont rassemblées plusieurs milliers de personnes. Une unité entre dans le stade et tire sans sommation sur la foule, avec la volonté de tuer sans distinction. Extrait : « L’utilisation d’armes mortelles contre des civils non armés, le fait d’ouvrir le feu à balles réelles et sans sommation sur une foule compacte assemblée sur la pelouse et d’avoir tiré jusqu’à épuisement des balles et visé les parties du corps comprenant les organes vitaux sont autant d’indications de l’intention préméditée de faire un maximum de victimes parmi les manifestants. » Tandis qu’à l’autre extrémité du stade, une unité de bérets rouges bloque la sortie avec du fil de fer barbelé électrifié. S’en suivent des scènes particulièrement horribles où les hommes sont achevées à coup de planches cloutées et les femmes violées à l’aide d’objets divers. Extrait : « Des militaires ont achevé des femmes violées en introduisant les fusils dans leur vagin et en tirant. » Les donneurs d’ordre identifiés, à commencer par le président Camara Enfin, le rapport de l’ONU désigne sans ambiguités la chaîne des donneurs d’ordre de cette opération planifiée, à commencer par le chef de l’Etat. Extrait : « La commission considère qu’il existe des raisons suffisantes de présumer une responsabilité pénale directe du président Moussa Dadis Camara. » Plusieurs de ses proches sont directement mis en cause : * le lieutenant Aboubacar Sidiki Chérif Diakité, dit « Toumba » (actuellement en fuite, après avoir tiré sur Dadis Camara, hospitalisé depuis au Maroc) Autrement dit, tout ces hommes sont considérés comme étant des donneurs d’ordre de premier rang, responsables de crimes contre l’humanité. En clair, ils sont tous passibles de la CPI. Le Maroc n’a donc pas vraiment le choix. Laisser Dadis Camara quitter librement le Maroc -il est toujours hospitalisé à Rabat- serait sans doute très mal perçu à New York comme à Paris. Mais le livrer pieds et poings liés à la Cour pénal internationale ne serait pas forcément bien accueilli en Afrique. L’Union africaine, qui doit aussi se prononcer sur ce rapport, aura son mot à dire.
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