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Le Soudanais Bashir pourrait être accusé de génocide
Le président soudanais Omar al-Bashir Photo : DR
5 février 10 - La Cour pénale internationale (CPI) doit réexaminer sa décision initiale de ne pas ajouter le génocide aux chefs d’accusation contre le président soudanais Omar al-Bashir.

Johannesburg, Zukiswa Zimela/IPS - "C’était une erreur juridique de rejeter les charges de génocide contre le président al-Bashir", déclare le procureur Luis Moreno-Ocampo dans un communiqué de presse.

Le mandat d’arrêt initial contre Bashir, émis le 4 mars 2009, accusait le président soudanais de crimes contre l’humanité y compris le meurtre, l’extermination, le transfert forcé, la torture et le viol dans la région du Darfour, dans l’ouest du Soudan.

La CPI avait également accusé Bashir de diriger des attaques contre les civils ne prenant pas part à la guerre et au pillage, mais elle avait rejeté l’accusation de génocide du procureur.

La Chambre d’appel de la CPI ordonne maintenant à la cour de réexaminer les accusations de génocide, affirmant que la cour a appliqué une norme de preuve incorrecte des éléments présentés par le procureur de la CPI. Cette décision n’est pas une décision sur la culpabilité ou l’innocence de Bashir, elle guide seulement la Chambre de première instance de la CPI à revoir si le président soudanais devrait être jugé sur l’accusation de génocide.

"L’accusation soutient que l’intention du président al-Bashir est de détruire les Fur, les Masalit et les Zanghawa. La faim et le viol constituent ses armes. C’est du génocide", affirme Moreno-Ocampo.

Même si la Chambre de première instance ajoute désormais cette accusation grave au mandat d’arrêt international déjà très lourd pour Bashir, il ne semble pas être en danger d’une arrestation imminente. Il se prépare à participer aux élections présidentielles au Soudan en avril.

Un porte-parole du gouvernement soudanais a dit aux médias que l’opportunité de la décision était politique et pourrait empêcher les élections d’être organisées au Soudan en avril cette année.

"Cette procédure de la CPI vise seulement à arrêter les efforts du gouvernement soudanais vers les élections et un changement pacifique de pouvoir", déclare Rabie Abdelati, un cadre supérieur du ministère de l’Information.

Bashir compte sur le soutien des pays de l’Union africaine (UA) et de certains Etats arabes qui ont refusé d’appuyer les accusations portées contre lui. Ceci en dépit du fait que 30 Etats africains sont membres de la CPI.

Dismas Nkunda, co-directeur de l’Initiative des droits internationaux des réfugiés, affirme que la plupart des Etats africains ont toujours l’impression que les pays occidentaux tentent de s’immiscer dans les affaires africaines.

"Les Etats africains se considèrent comme des cibles. La plupart des crimes graves contre l’humanité sont commis en Afrique. Plusieurs anciens chefs d’Etat de l’UA sont en train d’être jugés par la CPI. La décision prise par l’UA était politique", confie Nkunda à IPS, par téléphone depuis Kampala. "La CPI a pris une décision juridique".



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