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13 novembre 07
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Centre des Écrivains Vietnamiens en Exil (CEVEX) - Toute vraie démocratie respecte la liberté d’expression parce qu’elle est sa pierre angulaire. Aujourd’hui, cette liberté est très fragile et en grand danger. Dans de nombreux pays, les auteurs risquent de subir de sévères châtiments tels que le bâillonnement, la prison, la disparition ou la mort du simple fait d’exercer leur droit à la liberté d’expression.
La mort d’Anna Politkovskaya en Russie et celle de Hrant Dink en Turquie sont les exemples les plus criants et révoltants du crime. Pour éveiller la conscience publique au sort tragique de ces écrivains et journalistes, la 27ème Journée de l’Écrivain en Prison sera organisée le 15 novembre par le Comité de défense des écrivains en prison du PEN International basé à Londres.
Le Comité a recensé environ mille cas de gens de plume persécutés pour leurs écrits ou leurs opinions dissidentes pendant les douze derniers mois. Plusieurs centaines d’entre eux ont été arrêtés, torturés, emprisonnés ou contraints à l’exil. Plus de quarante écrivains et journalistes ont été tués, assassinés ou ont disparus, en Afghanistan, Bangladesh, Brésil, Chine, Colombie, Irak, Mexique, Nigeria, Pakistan, Palestine, Philippines, Russie, Turquie et Venezuela.
Dans la liste des États répressifs en matière de la liberté d’expression, on découvre : l’Algérie, le Bangladesh, la Biélorussie, la Birmanie, la Chine, Cuba, l’Érythrée, l’Iran, le Mexique, l’Ouzbékistan, la Syrie, la Tunisie, le Vietnam, etc.
La Journée de l’Écrivain en Prison se déroulera donc sous le signe de solidarité et du soutien envers tous les confrères et consoeurs qui sont la proie des intolérances et des dictatures, sans oublier leurs familles harcelées, intimidées ou menacées.
Le comité du PEN International souhaite aussi fixer son regard sur les cas de Zargana Maung Thura, poète et comédien birman, Normando Hernanez Gonzalez, journaliste cubain, Fatou Jaw Manneh, journaliste gambien, Yaghoub Yadali, romancier iranien et Jamshid Karimov, journaliste ouzbek. Lors de diverses manifestations, la douloureuse tragédie des écrivains persécutés et emprisonnés sera évoquée par des milliers de membres de 145 Centres du PEN International dans 104 pays, dont les trois Centres Suisses Allemand, Romand et Italien et Réto-Romanche.
En commémorant cet événement, le Centre des Écrivains Vietnamiens en Exil rappelle que sous le régime de Hanoi, la liberté d’expression, la liberté de la presse et les publications indépendantes n’ont jamais existé. Durant le dernier semestre, dans la plus grave campagne de répression depuis vingt ans, une vingtaine d’écrivains, journalistes, avocats et défenseurs des droits humains ont été brutalisés et détenus arbitrairement. Nombreux ont été condamnés à de lourdes peines de prison à la suite des procès dignes de l’époque stalinienne.
Parmi les quatre avocats condamnés figure la cyberdissidente Le Thi Cong Nhan (28 ans), membre du barreau de Hanoi et de l’Union Internationale des Avocats. Pour réduire au silence une autre avocate et cyberdissidente, Bui Kim Thanh (48 ans), la Sécurité l’a internée dans un hôpital psychiatrique en Novembre 2006 et l’a relâchée seulement sous pression internationale en juillet 2007. Et une autre femme de plume a été agressée et est emprisonnée sans jugement depuis le 21 avril 2007 : Tran Khai Thanh Thuy (47 ans), enseignante, journaliste, écrivaine et poète, membre de l’Union des écrivains et du Club des femmes poètes de Hanoi. Arrêtée pour interrogations et intimidation plusieurs fois pour ses écrits publiés sur internet depuis septembre 2006, Tran Khai Thanh Thuy souffre du diabète et de la tuberculose avancée alors que les conditions de détention sont déplorables.
NGUYÊN HOÀNG BAO VIÊT, membre du Centre Suisse Romand du PEN International.
Genève, 12 novembre 2007